On desk...
Au checking de l’embarcation du ferry
(pour info, seules les automobiles et les motos savamment représentées par deux pictogrammes bien distincts, ce qui vient souligner justement, que notre tricycle ne rentre dans aucune case…) :
- Hey ! What’s this ?
- Che ouna bichicleta ilectrika
- No, this is not a bicycle !
- Yes this is a bicycle…
- No ! / - Yes ! / NO !
- Okay, that’s not a bicycle, indeed, that’s a tricycle !
- Ah ! That’s a bicycle, hein ? A tricycle ?No way! And what’s inside?
- A piano !
- Okay..Go !
…Première fois qu’on se fait
balloter par la power-puissance d’un ferry, c'est-à-dire à se retrouver bipèdes immobiles tirés par un moteur qui fend les flots, ce qui revient à dire que ce qui prolonge notre
avancée, ce ne sont pas des coups de pédale sur un vélo. Impression très bizarre de sentir les kilomètres s’empiler, sans qu’on y soit pour quelque chose physiquement. Ce changement
de repères nous fait tituber assez maladroitement, et poser des regards mi-hagards, au hublot. En tout cas, cette traversée nous ouvre une nouvelle case-temps, où on a qu’à se poser,
et prendre le temps de ce premier pan de voyage.
Ca tourne en version centrifuge dans les têtes. Ce départ en bateau, c’est la fin de l’Italie, premier pays sur la liste, qui a défilé autant en ligne droite qu’en sinusoïdales sous tensions, et aux densités des rapports au jour le jour. Un sas dans lequel on a le loisir de s’abandonner confortablement à compiler sûrement pour la première fois le pan de tout ce « début ». Ca sonne un peu à l’esprit comme un tampon qui valide sur le front une première étape, qui lève en feu-vert le visa d’accès pour la suite, matérialisée par l’entrée en Grèce. (…En même temps, pour être européen, on n’a pas besoin de visas niveau frontières, ni besoin de se prendre la tête plus longtemps sur ces déclics cérébraux ;)
A y repenser en mode compressé, je n’ai pas tardé à finir échouée, écrasée dans un sommeil sans fond, alors que Chris, crayons et carnet a la main, s’adonne à scruter les recoins du bateau dans tous les sens pour en croquer le portrait, et revenir avec des pages chargées de dessins.
Une prospection minutieuse des lieux transforme l’endroit en espace imaginaire pro- piano, un peu partout en se promenant. Flagrant-délit de délire,
à tout arpenter en tripant (utopie parce que le matos est solidement muselé dans les cales…). On réinvente nos petites rêveries passagères :
Envie de planter le piano dans le grand cercle bicolore de la piste d’hélicoptère, en plein cœur du H. De le mettre au détour d’un couloir velours-standing qui mène aux cabines, ou alors tiré à
l’ombre d’un canot, pas loin des bouées oranges.
Ouais, Mademoiselle rêve…Elle rêve bien kitch, à bord du ferry pour Patras, et Monsieur tripe.
Nota-bene : Au cours de ce mois, on a rencontre des hic informatiques, d’où l’absence de news. Notre ordi s’est mis a débloquer et compter
en clusters… Bref, on va donner plus rapidement quelques détails de ce temps en Grèce. En tout cas, on en profite pour vous dire qu’on vient de mettre en ligne la nouvelle rubrique
<< Sur le Grill ! >> , qui complètera dorénavant notre carnet de
bord, en mettant l’accent sur les pianotrips.