Date: 27 février 2010, à 12h
Lieu: Annecy, au jardin de l'Europe
"Avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure..."
La dernière semaine avant le départ a été suractive, entre construction acharnée, formalités, et équipements. Claire, depuis Lyon, n'arrête pas non plus de faire passer l'info, ça bosse, ça bosse (oui, un piano-vélo en Europe, ça ne se fait pas tout seul, et ça bosse derrière...). La veille, Damien, en grand spécialiste du vélo électrique dans toutes ses déclinaisons (qui nous assiste depuis le début), migre de son magasin Zone Cyclable sur Lyon pour se joindre à nous en Savoie, dans l'atelier du père de Chris, afin d'ajuster certains réglages, nous fournir le matériel de réparation, etc.... Le coucher tardif a fait écho au lever-tôt le lendemain.
Un départ, c'est toujours compliqué.
"...Aaaaaah ON EST A LA BOURRE! "c'est bien beau de
prévoir, mais les embouteillages-surprise nous ont mis au pas, à l'entrée d'Annecy. Chris, sur le piano-vélo, et moi sur le vélo indépendant, nous voici lâchés dan l'arène des automobiles qui
circulent au compte-gouttes à l'entrée de Sévrier. Le téléphone que nous allons bientôt lâcher hulule casi en permanence. "Allô?
ben nous on est là...On a nos vélos avec nous. Vous êtes où?"
Pour ce départ, nous avions proposé aux proches et sympathisants de venir nous retrouver accompagnés d'un vélo, afin de parcourir les trente premières bornes ensemble. Une première étape
collective d'Annecy à Faverges, sur la route qui nous emmènera ensuite à Saint Jean de la Porte, puis Modane, et l'Italie.
Mais à ce moment là on est...A LA BOURRRE! En retard pour notre rendez-vous du départ. Le jour du carnaval. On a pas fait exprès pour la date, mais c'est parfait, avis aux amateurs de la
taille. A l'arrivée dans le jardin de l'Europe, la première vision que je garde est celle de petits vélos soigneusement côte à côte, de toutes les couleurs, de toutes les formes.
Une vingtaine de vélos. Ils sont venus de loin, de près, nos proches, et chacun ils ont embarqué leur petit vélo dans les trains, les voitures, pour nous être avec nous
aujourd'hui. Il y avait aussi quelques personnes qui nous aidé à porter ce projet pour les bourses, et quelques inconnus qui ont fait le déplacement ou qui sont juste arrivés de
passage par hasard. On se retrouve autour de notre embarcation qui se donne à voir. La télé et la radio aussi sont là. Que faire de plus, à ce moment, qu'ouvrir la caisse, montrer le piano à
l'intérieur, exposer les panneaux solaires sur le toit et discuter tranquillement? Nous pour ce départ, on voulait quelque chose de tout simple, et profiter de ce "lâché de vélo" en douceur.
Imprimer dans nos têtes des images et des émotions qui vont nous rester longtemps dans la tête. Et puis un Pianotrip, dans la mesure du possible, ça ne se prévoit pas. Ca se propose..Bref,
le carnaval se mettant en place dans tout le beau jardin de l'Europe, nous sommes rapidement partis en peloton, sur la belle piste cyclable qui longe le lac.
On repart donc par Sévrier, en direction
de Faverges, où nous passerons la nuit dans une auberge au bord de la piste cyclable. On pose le piano en face du lac, petit Pianotrip d'au-revoir. Petit, tout petit. Juste deux petites musiques
(la Gnossienne N° 1 d'Erik Satie, et la Leçon de Piano de Michael Nyman) qui en disent long, à notre niveau, sur le merci du soutien que nos proches nous ont apporté, et sur les attentes
oniriques et galériques de ce voyage qui débute. On reprend la route, et on passe dans le massif des Bauges sous un ciel voilé, qui nous donnera d'ailleurs de la pluie, dans la dernière
heure de route (trop facile..). A Faverges, arrivés à l'auberge des Aravis, on retrouve sur place encore d'autres amis qui sont venus nous retrouver. Sylvain, le responable, nous réserve un
accueil au top. La popotte pour trente personnes, ça prend quelques heures, il faut le reconnaître. Le soir, on prépare à plusieurs le Menu du sportif : Soupe à l'oignon "maison", pâtes
carbonara, salade verte, et tome des bauges. Mais ce qu'on savoure avant tout, c'est la soirée et les instants qui se gravent. Le lendemain, on continue quelques temps la route avec notre Damien
national, qui sait décidément aussi bien gérer les assistances électriques que la tambouille. Ce, jusqu'à Albertville où il file dans un train. Nous, on repart tranquillement sur les
petites routes en évitant la pluie, jusqu'à la prochaine étape: Saint Jean de la Porte en Savoie, où habitent les parents de Chris. 50 km où on pédale en silence, à digérer les derniers mois, les
derniers instants à l'auberge.
Les batteries du tricycle tiennent bon, de mieux en mieux. Parce que les premières fois, ils faut les charger et les décharger complètement, afin qu'elles acquièrent petit à petit le top de leur rendement. Ca ne nous empêche pas de devoir les recharger au cours de cette journée, une tâche qui va s'infiltrer dans notre quotidien, en piano-vélo.Quand les panneaux solaires ne chargent pas pour cause de mauvais temps, on peut recharger partout avec une prise secteur, : dans un bar, chez un particulier, .... La première recharge sur la route, c'est chez un couple de fleuriste, à Aiton, qui se sont proposés avec enthousiasme. 20 petites minutes à discuter, un pur plaisir. Le monsieur nous raconte une petite partie de son quotidien en magasin. La Saint Valentin et la Fête des Mères, par le prisme des fleuristes, c'est poétique, mais c'est surtout les plus gros jours de l'année, du matin au soir. En complice, il nous dit: "c'est bien, ce projet, tout est au bout de la prise en fait. Faut que le courant passe. Être au bout du fil."
Bah Oui, on l'avait jamais vu dans ce sens, mais c'est exactement ça.
Le soir du 28
Aïe, on aurait dû mieux estimer la charge des batteries: à moins de 5 kilomètres de la maison des parents de Chris, on retombe en rade. On aurait chargé à Aiton 10 minutes de plus, et c'était bon. Alors nous revoilà à recharger pour le temps d'une halte nos batteries à Saint Pierre d'Albigny chez Jean et Monique, deux amis du père de Chris. Pour la blague, Jean est électricien (c'est pas un comble ça?) On mange même des petite crêpes sucrées toutes chaudes avec un accueil chaleureux qui nous fait éviter la pluie en prime. Jean et Monique nous disent plusieures fois qu'ils sont supers contents qu'on soit tombés en panne parce qu'on passe du coup chez eux. Elle est pas belle la vie? On arrive à Saint Jean de la Porte, deuxième étape, après 80 kilomètres sur nos petits compteurs. On complète l'équipement et laisse passer quelques jours de mauvais temps aussi. Parce que le froid (comme la canicule), sont un des facteurs qui font qu'on reste sur place pour un petit temps, l'autre étant la facteur de rencontres. Du temps donc à Saint Jean de la porte avant de continuer vers Modane.
Mais au fait, le piano? Mais au fait, le site? Mais au fait, l'itinéraire?
Quelques petites précisions pour le déroulement des quelques semaines à venir et notre fonctionnement.
Piano-vélo: Notre impératif premier pour la faisiblité globale du projet: le beau temps. C'est lui qui détermine si on prend la route ou pas, si les panneaux fonctionnent ou pas, et si on
pose le piano ou pas. Février, en France. Vous vous en doutez, ça caille. donc le premier mois qui s'annonce sera une mise en jambe, un rodage progressif plus axé sur le vélo entre la France et
l'Italie.
Itinéraire:
A lire en mode bulletin Météo télévisé,
façon Catherine Laborde
A la prochaine acalmie de froid, nous décollerons à nouveau. Direction Modane, et l'Italie. Nous suivrons la plaine du Pô et ses nappes de pétrole jusqu'à Venise où nous attend un Ferry, en
passant par Turin et Crémone. L'idée est de rejoindre le plus rapidement la Crète, d'ici quelques semaines, un des points les plus printaniers de l'Europe à cette période (cf la carte dans la
rubrique Trajet).
Les news du site: en fréquence, on enverra des nouvelles tous les 2/3 semaines, en actualisant souvent notre situation dans le menu déroulant.
Remerciements
Tellement de choses dans la
tête et dans le coeur (et les mollets!) que lorsque l'heure du mini discours se fait sentir, et qu'on les voit tous autour de nous, il n'y a que deux petites phrases émergent, puis la
gorge qui se coince. Alors voilà. A l'origine, Pianotrip est une action individuelle, un cri mené à deux sur les routes, en invitation ouverte aux passants. Aujourd'hui le projet, même s'il reste
fragile, vit de pleins d'impulsions et de concrétisations différentes. En premier lieu, un gros merci à notre Claire internationale, qui s'occupe minutieusement de faire passer l'info et qui nous
accompagne depuis novembre, merci à Hubert pour ses accueils, ses conseils, et ses pains au chocolat au réveil, Damien Chabre de Zone Cyclable sur Lyon pour son suivi technique et sa motivation.
Merci aussi à Hadrien et le Théâtre du proscénium à Paris, pour son soutien depuis le début. Merci aux parents de Chris, Dominique et Pierre, qui nous ont accueillis et aidé dans les derniers
préparatifs, jusqu'au bout, à Angèle pour son équipement sportif haute définition. Merci à Maximus pour avoir inventé ce tricycle électrique de compet', à AES et Héliène pour relever le défi de
nous envoyer des panneaux photovoltaïques qui vont nous permettre d'avancer au solaire les jours d'été, Gilles Ventalon pour avoir remis à neuf nos pianos (celui de cet été et celui qu'on a pour
l'Europe, plus petit), Marion Barthe pour sa tenue qu'on emporte avec nous. On est aussi évidemment heureux d'avoir été reçus lauréats et portés par le PEJA (l'Europe), Défi Jeune (Ministère
Jeunesse et Sports), la région Rhône-Alpes, Le conseil Général de Savoie, le Club TELI, et la Mairie de Nuits Saint Georges. Merci Eudes, pour le gros coup de pouce d'appart sur Aix. Merci
enfin à Monsieur Coudreau, Madame Tuffnell, Monsieur Arcos, et Monsieur Martinez sur Paris pour nous soutenir. Des remerciements alors qu'on en est au tout début, l'aspect solennel ça doit en
faire marrer quelques uns, parce que tout reste à faire, mais c'est ce qu'on a dans la tête, même si on a sûrement oublié quelques noms qui se reconnaîtront j'en suis sûre.
(Et tous nos potes!, ...Et tous nos potes!).
Alors non, croyez-moi pour le moment, c'est pas "triste d'être fou", on trouve ça plutôt gai, et puis de vous à nous...Qui est le plus fou? Mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde, ainsi
va la vie, et on reste fort heureusement en démocratie.