Partenaires de l'aventure

PART 2011

Publié dans : Carnet de bord
Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 20:44

Lisboa, 24h sur 24

 

-.With-Curiosity.jpg Photo: Installation du piano-Pinceau, "With Curiosity", Praça do Comercio, le 9 mai 2011 à 12h41


  Les chassés-croisés des vélos en mode continu:  le trajet récurrent entre le quartier historique d’Alfama et Benfica, en banlieue. La cartographie des espaces investis en musique par le piano, par son bouillonnement. Entre autre sur Lisbonne, le premier grand atelier aussi qui nous permet de construire une création éphémère de l’instant qui sera mise en place pour 2 heures de représentation, sur la place principale de la ville.( + de détail tout en bas de l'article)


 ...On arrive toujours pas à raconter la densité sur le blog de ce qui nous est donné de traverser au quotidien.  L’impression de se répéter ici : et c’est  frustrant, mais positif: la vie dépasse la toile. Et en temps réel, c'est à dire au présent le plus radical, tout se passe en vol plané. On est embarqués dans un processus de création, à 200% . Un acte qu’il conviendra de détailler/définir plus tard, avec du temps au retour. On a dans la tête une valse de points de vue et aucun jour qui n’ait les mêmes codes que le précédent.  Au milieu de tout ça les jours s’empilent..ils s’entassent en gros dossiers au dessus de nous, surtout lorsqu’il s’agit d’en rendre quelques tranches pas encore bien digérées via le PC..

Alors si fallait faire un zapping lisboète à bord de l’histoire  de ce piano en mode shuffle,  ce serait :
3 semaines
1 Pianotrip au milieu des requins , dans le plus grand aquarium d’Europe : l’Oceonario
1 pianotrip à Porta Del sol sur les hauteurs du quartier mythique d’Alfama,
1 Pianotrip à jouer « Via con me », de Paolo Conte....A Paolo Conte, accoudé sur le coffre du piano
1 conférence musicale avec projection in vivo à Post, une coopérative culturelle
1 installation qui fait parler le piano en déroulant un message de 20 mètres, à monter à 2
1 Mise en accord et révision technique du Piano
 1 catastrophe naturelle de grêle (diffusion CNN)  qui inonde le local où on est basés, suivie dans la même aprèm par 1 Critical Mass
10 interviews, dont 1 repas face à l’océan, chez un présentateur TV
 

Beaucoup d’autres Pianotrips improvisés dans l’inattendu : sous le coup d’un passage intra-muros, ou en prolongement de la complicité d’une rencontre, d’une vie de quartier organisés à plusieurs: à la tour de Behlem, sur les toits d’un building bétonné au quartier résidentiel telheras (où nous étions logés, en périphérie), Praça do Comercio, belvédère de San Pedro de Alcântara...

 

Alors non. On aura donc pas visité Sintra, ni la côte huppée de Cascais, on aura pas pu jouer au Cristo Rei le monument mythique qui surplombe la baie,ni dans le port marchand entre les containers,  pas vu de spectacles de Fado (même si Mariza, Amalia ou  Ana Moura ont tourné sur le lecteur MP3). Mais on aura vécu 3 semaines compactes,  intraduisibles ici, en mode rafale. Tout seuls, ça n'aurait pas été la même.  La complicité de Cristiano nous a permis de monter le pianotrip de l’Oceonario , Antonio d’investir le lieu de Post ( Le Janot en sécurité la nuit+  organisation d'un concert), Raf nous a permis de créer le pinceau à l' atelier , Joaõ de nous ouvrir les portes (d'ascenseurs) pour jouer le piano sur  les toits du quartier de Telheiras. Et j'en passe...


A tous ceux qui nous souhaitent  encore « bonnes vacances » sur la route, on leur répond sans plus s'attarder : « Bon préjugés. »


Autant résumer tout de suite : notre meilleur compagnon bouffe à Lisbonne : le sandwich jambon-beurre flanqué  d’un pastel de Nata, parce que Rapide comme l’éclair. Ce qui ne nous a pas empêché Lou de flamber à plusieures reprises des canards au whisky / porto, et les servir à la crème,  accompagnés d’échalotes confites au vin rouge + pleurotes farcies au beurre ail-persil. Faire manger nos hôtes: Une manière comme une autre de retourner  l’accueil, participer, dire merci. Au cours de la traversée, chez les habitants,  il y a des trocs de cours de français, d’espagnol, des boeufs musicaux chez des inconnus qui ouvrent leur seuil, faisant perdurer le chemin. Chris qui répare un vélux qui fuit ou une hotte en panne. Ou d’autres  encore. On compose à chaque fois avec ce qu’on a, et ce qu’on peut. .  

Le dernier soir,  seule soirée à sillonner les rues pavées sinueuses de Bairo Alto, le quartier festif de Lisbonne by night.Mais la tête et le corps sont vides.

 

Bulle de souvenir

Le Pianotrip du 25 avril
web-IMG_8972.jpgJour de la commémoration de la Révolution des Œillets. Une centaine de passants  est venue se comprimer en dépit d’une circulation hurlante sur le petit terre-plain en face de la gare centrale de Rossio. Une réunion d’inconnus, en meeting spontané sur un petit plot de béton, où on se sent- me dit une femme- comme émargés du bruit, évadés sur un îlot. C’est vrai qu’il a la forme d’un ilôt, ce terre-plain. Des révolutions douces en résonnances: un vieux monsieur se courbe pour déposer un œillet rouge sur le clavier. Un "cravos" e un  clavier. La fleur rouge et le piano noir. Politique mise à part, on ne peut qu’apprécier la teneur de ce qui s’est dégagé au temps 0. Un imprévu.

25-Avril-Web.jpg

 

 

La capitale.
En général, on ressent pas mal le stress des grandes villes en débarquant à vélo..Le premier jour d’entrée dans la ville, le rythme et le relationnel changent radicalement tout au long de la journée. Bien percutant à vivre. Ici, à Lisboa, c’est plus doux. Une capitale où la ville coule plus tranquille que certaines autres en Europe : certains quartiers entièrement piétonniers, la mer pas loin, un relationnel plus détendu qui fait plaisir, du soleil.


L’énergie à faire bouger la ville déborde. C’est en tout cas notre vécu ici, au gré des gens des différents bords qu’on a rencontré. Les vies de quartiers qu’on a approchées préservent leur liens quitte à les réinventer : un groupe de danseurs rénovent 2 fois par semaine un quartier qui s’émiette, à danser en performance sous les fenêtres des gens esseulés ou nettoyer/restaurer les pavés. Dans la banlieue du quartier Benfica, un jardin potager est né et pousse en barricades, pile au milieu du gazon ras d’un grand parc bodybuildé qui mènent à 2 tours d’un centre commercial. Les légumes sont la propriété de tous les résidents qui vivent au sein des barres d’immeubles. Le potager au milieu du parc, c’est un étendard ostensible qui se lit à l’œil nu, au milieu des grandes tours quand on y passe. Les assos de vélos sont en mode activistes, infos et événements circulent en flux continu,  et les ramifications naissent très rapidement via « la mailing-list "qui compte fréquemment de nouveaux destinataires. Devenue une institution cette "mailing-list": on la prononce dans le milieu avec l'air grave, quand onen vient à la mentionner. WEB MALLE POSTIMG 1623
Lisbonne ça a été aussi pour nous Alfama  et cette réalité encore intacte de vie de quartier authentique où les gens semblent plus détendus,. Avec les petites vieilles qui étendent leur vie de quartier à l’image du linge qui pend aux fenêtres. C’est  aussi pour nous les centaines de bâtiment de l’hyper-centre  qui partent en ruine, et des investissent immobiliers massivement bétonés en périphérie. Des affiches politiques pour les ré-élections et des pancartes anti FMI essaimées un peu partout, un smic à 400 euros.

Pendant ce temps-là

Quand on part de Lisboa,  les ondes et écrans affichent  : Scandale DSK versus Bébé présidentiel, restriction des mesures au volant en France, la mort de Ben Laden, Afrique : Emeute en Syrie, Guerre en Libye, motus en Arabie Saoudite, que ce passe t-il au sud de l’Europe avec l’immigration au frontières qui déborde, le 1er avion solaire effectue un vol de 100 kms depuis la suisse, tremblement de terre à Lorca, en Espagne, le FMI arrive au Portugal, pour une première tranche.

On quitte la ville. Bien fort à vivre,   de se relancer à 2, un ptit matin, à se refaire en route de sortie le parcours silencieux de ce qu’il s’est passé ici.. Ricardo un passionné de vélo, pote d’Antonio, a résumé notre expérience a lisboète comme ça : « Au début je vous parlais de tourisme mais finalement à vous suivre, Lisbonne, vous y avez vécu et  travaillé en temps réel, pour le tourisme vous repasserez ! » Oui, on repassera Ricardo. A Lisboa, on y a été accueillis comme des rois. En partant, c’est des amis qu’on laisse ici. Direction, L.A.  Littoral Alentejano.

 

UN PIANO-PINCEAU S'EST EXPRIME SUR LA PLACE PRINCIPALE DE LISBOA

retour photos: Quelques bribes, en bas,  du montage de l'installation à l'atelier Post.   36 heures de travaux à 2 dans un atelier, pour une installation éphémère de 2 heures pour aboutir a 1 piano-Pinceau qui déroule un message de 20 mètres en instant musical.

 

Peindre.  peindre  à perdre haleine. Peindre à s’en faire mal au cœur, à se broyer les rotules..On a peint jusqu’à en casser les pinceaux..

En savoir plus sur Lisbonne ..direction Malle aux trésors, avec quelques portraits qui viennent compléter le tableau.

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