Partenaires de l'aventure

PART 2011

Publié dans : Carnet de bord
Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 20:00

Hit Hit Eat the road D'Jack!
Monsanto -> Lisboa


Alez-Pianotrip.jpg

On quitte Monsanto, avec les jambes qui démangent, l’envie de tourner les jambes, et arrêter les tournes-boucles du cerveau. Les beaux jours arrivent, les jours se rallongent, tout fait que nous pouvons redécoller.

Juan, notre voisin mexicain, nous dit au revoir d’une main, une bougie parfumée dans l’autre, à l’entrée de la résidence artistique, complice. La veille, on a pianotripé dans les ruelles escarpées de Monsanto. L’arrivée à bord du Janot en haut de la rue principale (pente à 15%) est d’anthologie : Lou sur les pédales, le moteur électrique à toute balle...Et 5 gars à l’arrière qui aident à pousser ! Des notes qui jaillissent sur la petite place de l’Eglise (le Curé, ancré en figure pérenne de la vie quotidienne ici, il est dans le coup ;), un adufe ne tarde pas à venir accompagner le pianotrip, notre voisin déclame un poème .. Des notes après, devant le petit négoce de la tia Alice, qui n’avait pas pu s’y rendre et qu'on aime...Pour finir carrément à l’intérieur de l’office du tourisme, escortés par Carlos, le responsable (the hero of the day, ce Carlos : à pousser Janot, décharger, aider à traîner le piano, ouvrir les portes,.. ). Là, c’est la "fechta" : Joaõ, patron-tenancier de la taverna Lusitana ferme son bar en plein samedi aprèm pour débarquer avec sa cornemuse, Juan sort un nouveau poème sur un son de radiohead au piano, quelques femmes nous chantentà capella un extrait de chants traditionnels pour la Pâques ici (patrimoine immatériel de l’humanité en candidature cette année). "Fechta e fechta"!

Ouaip, y’a pas à dire, on repart le cœur bien boursouflé d’ici. 2 mois, à Tisser des liens qui restent. Merci Paulo de nous avoir fait découvrir ce petit coin de Paradis. On décolle avec des souvenirs plein la tête. On pense à Hélène, Antonio, Fernanda, Iguiberto, Célina, Joao, Juan, Alicia, Héléna, Carlos, Alducina, le policier, Steeve, Paolo, Joey,  Gira & Makaka aussi..tous quoi ;)

Nos batteries humaines sont ravigorées, la mairie d’Idahna-a-nova nous aura donné des conditions idéales pour développer en acharnés une bonne partie de l’artistique du projet. Tiens d’ailleurs, pour ceux qui ont pô vu: il y a une nouvelle partie de ce qu’on développe [ici]. (nouveau site + galerie images)

 

jardin-pianotrip.jpg

 

Des gros titres et des pointillés

Quand on claque la porte de la résidence à Monsanto, le premier minisitre vient de démissionner au Portugal, l’état de crise financière explose dans le pays, l’Afrique craque et hurle sous les stratégies et les révoltes, elle continue de s’entre-déchirer avec des relents de cacophonie internationales, et le Japon suit un thriller médiatique sur une éventuelle Catastrophe à Fukushima..alors qu’il est réellement touché par un tsunami... 

A écouter tout ça on sent  vraiment que c’est la crise partout mais justement à bien l’écouter, ça nous confirme surtout qu'on a plus qu’à la surpasser cette réalité médiatico-dramatique, ca nous ramène en tout cas de manière inscisive aux choses auxquelles on croit, connectés au monde réel d’un quotidien vécu au présent, un présent basé sur le feeling des relations humaines : Le contact direct. La curiosité est au pire un vilain défaut. Casser ce ressenti basé sur les news qu'on nous donne à voir/entendre : la peur. Faire quelque chose de positif dans ce monde, une chose à laquelle on croit, suivre ses envies et ses impulsions, s’écouter. Toc-toc-toc qui est là ?

Personnellement on a dépassés nos limites depuis longtemps. On vous épargne ces rendez-vous ponctuels kafkaïens par mails et/ou téléphone, ceux que tout le monde vit. De Monsanto, on repart concrètement avec...rien en poche (pas-un-kopec de soutien, tant de nos anciens partenaires que de futurs potentiels), mais on est pas prêts à accepter des mécénats déguisés en sponsoring sans aucune éthique. "Vous comprenez, c'est compliqué dans l'époque actuelle..C'est la crise.." Oui, oh ça oui, on comprend bien Madame, que ça puisse être compliqué..Tous les jours on comprend.

 Utopistes ? peut-être, si refuser d’utiliser notre tripoteur comme un espace publicitaire, ou faire de notre voyage un support-marketing alors oui. Préserver la poésie d’un piano sur un vélo qui voyage à l'instinct nous paraît essentielle. Si vous souhaitez nous Aider [ici] c'est possible, et ça pèsera d'ailleurs sérieusement dans la balance des kilomètres/mises en scènes qui lui reste à parcourir, à ce piano!

Revenons plutôt à notre quotidien pépère, de ces derniers temps, dans le vrai temps zéro du présent donc, à bord de ce piano qui avance au soleil : on part du village le plus portugais du Portugal avec des potes, et des fruits offerts par le maraîcher du dimanche, dans le panier de Zorba. 

La première semaine.

Bivouak-pianotrip.jpg

60km séparent Castelo-Branco de Monsanto.  On connaît un peu la région. Le Portugal a ce quelque chose de resté intact : une curiosité positive, une ouverture et une douceur qui s’apprécie particulièrement. On commence à comprendre et à mâcher quelques mots de cette belle langue qui chante. Mais comme ils nous le disent, même si nous avons cette racine latine en commun, c’est une langue très difficile : on confirme ;)

Fin mars, Les permiers kms ont été un régal, un goût de Monsanto qui se prolonge le long de la route. Des petits moments musicaux avaient été calés un minimum dans les villages voisins, au hasard des contacts: un bon moment pour s’éloigner tranquillement du village paisible (enfin paisible...Sauf quand il se fait assaillir par une marée de touristes en auto-car! ;) 

Sur la place du village de Relva, petit pianotrip avec les 2 écoles de Relva et Monsanto. Les enfants ont pu écouter l’histoire de ce piano voyageur, mais c’est pas tout : ils ont lâchés leurs mondes musicaux avec des improvisations en duo à la clé.   On repart avec un beau bouquet de fleurs (qui vient rejoindre les fruits du panier de zorba) et la promesse de l´institutrice de nous envoyer les dessins de ce qu´ils en pensent, du piano sur un vélo qui débarque à Relva.

Puis sur la route de Medelim, ou on reste une semaine (10 km plus loin). Pianotrip à la maison de retraite d’ici, la réalité d’un bled de petit vieux que le maire actuel s’efforce de relever, au jour le jour. Medelim em movimiento. Une sacrée rencontre. 

Les premiers bivouacs  

On se croirait dans des immenes jardins privatifs, mais c'est 100% sauvage. Les soirs, à la tombée de la nuit, On plante la tente, calés au milieu des fleurs, ou sur les hauterus du Tage, qu'on rejoint vite. Pour nous la tente c’est vraiment notre maison. On a développé un certain feeling avec ces nuits en tente : LE lieu où on peu se retrouver, se recentrer. Un repère car c’est un lieu qui ne change jamais depuis l’intérieur. Sans doute le seul de tout le trip d’ailleurs.  C’est NOTRE maison à nous. Le lit est tjs au même endroit, les valises aussi. Un lieu où on souffle. Bref, ces premières nuits dans la tente nous replongent direct dans l’aventure, et ...Ouahhhhaa, c’est fort de repartir. Les poches plus vides que jamais mais le tripomètre est au Maximum, le « marre » d’un monde où tout va toujours mal, aussi. Envie d’aller plus loin que ça. De regarder et de dépasser. De Triper.

 

Tente.jpg

Castelo Branco, Théâtro Vàataõ

Les jours sont exceptionnellement chauds pour la saison, les premiers coups de soleil nous régalent: on se croirait en plein mois d’août mais non on est bien début Avril. Idéal pour nous: le soleil nous pousse avec les panneau photvotaiques. On avance pratiquement uniquement grâce à eux. Traduction sous-jacente: les batteries sont presque mortes. La bonne nouvelle: nous devons obligatoirement acquérir de nouvelles batteries à Castelo Branco .

 En arrivant dans la zone industrielle de la ville, Gabriel et Joaõ nous accueillent avec un gros smile et de l’eau fraîche. On ne les connait pas encore mais Gabriel nous souhaite la bienvenue. Apres une petite discussion du pourquoi du comment on est ici, et du pourquoi du comment il s’est arrêté pour nous filer de l’eau (fait chaud vingt diou !), il nous nous explique qu’il fait partie d’une compagnie de théâtre et que si on souhaite rester quelques jours, on est les bienvenus. Nikel.

4 Jours à castelo Branco.

Un aller-retour en train sur Lisbonne pour aller chercher de nouvelles batteries. Grâce à la companie Vàataõ nous avons pu prendre le temps de les intaller avec tout le matériel nécessaire. Des gens avec qui nous avons passé de super moment (impros, discut’). 

Vatao.jpg

On reprend la route : cap sur Lisboa. Parés avec ce nouveau stock de batteries, on a une première journée avec.. 60 kms d’autonomie. 60 km d’autonomie les gars! Pour ceux qui suivent l'épopée,  c’était  ce qu’on avait envisagé à la base, mais les problèmes techniques du début ont fait qu’en réalité nous avions en moyenne que 20km d’autonomie..Une sacrée lutte au quotidien donc, pour avancer. 60 Kms d’autonomie/ waaaaaaaaaaaaaaaah_ou_ouuuuuuuu!! c’est bien plus de temps, d'esprit libre. On entre dans une nouvelle phase du voyage. Nous étions sans cesse à penser au relief (contrer ses contraintes), au prochain village pour recharger, et donc quelque part, tout le temps en train de calculer l’étroitesse d’une situation d’urgence au jour le jour. Là, on trouve les bienfaits du voyage a vélo sur ces routes gorgées de sun et d’odeurs de pins, à mieux voir le paysage défiler, des heures de méditations,  écouter de la musique en roulant, chanter. Intraduisible sur un blog, ça, comme impulsion au quotidien à bord. 

Pianotrip-Alentejo.jpg

En contrepartie de ces quelques jours de beau temps, la pluie nous arrête net à une centaine de kms de Lisbonne: des bonne grosses tempêtes.  La tente a un trou au sol, nos tapis de sol, bah ça fait belle lurette qu’ils sont éventrés (dès le premier mois je crois)..Et c’est pas encore à figurer dans la liste des priorités tt ça (d’abord 1 carte son, un enregistreur, un nouveau disque dur, faire accorder le piano..) Moralité :

Chamusca-Pianotrip.jpg 

 Chez les pompiers pour la nuit, une grande première pour nous. On fait la connaissance de Paulo Joaquim (chef), qui nous explique que c’est la caserne la plus accueillante de la région. Propos validé de suite: il nous propose de boire un coup, puis nous fait visiter la ville, l’histoire de la digue, pour finir dans un bar autour de plusieurs verres. Ce soir-là nous avons eu une chambre privative 300 m² : le gymnase. Comme des papes qu’on est.  Nous étions à deux doigts d’organier un pianotrip DE FOU avec les pompiers (en barque, pour se rendre en musique dans le château d’Almourol) mais la pluie aura raison. Pour marquer le coup, Paulo nous offre deux écharpes avec l’effigie des Bombeiros de Chamusca. On les a sur le cou, quand on part. 

Chamuca.jpg

Direction Lisbonne, sous la pluie. Ca a l’air de sentir de bon en cette direction :  Cristiano et quelque personnes qui nous suivent depuis un bout de temps par facebook nous attendent... Demain Lisbonne !! Mais ça c’est une autre histoire...

 

Et pour ceux qui ont facebook, plusieures fois par semaine on poste des nouvelles : http://www.facebook.com/pages/pianotripcom/237712035556

En écho à plus haut, participer/aider à l'avancée du piano en Europe[ici], c'est possible, et ça déterminera aussi le nombre de kms et la qualité du son à ramener + les mises en scène qu'on pourra continuer de faire circuler au présent dans le continent. Alors Merci d'avance. 

Ecrire un commentaire
Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés