Après un silence radio de 5 mois, nous revoilà avec des news. Un paquet de news. Nous avons terminé notre petit tour de
France à Montpellier en septembre. Initialement, nous avions prévu de faire le tour de l’Europe en piano-vélo. Aujourd’hui, ce projet se concrétise, avec le soutien de la commission européenne,
le Ministère Jeunesse et Sport, la région Rhône Alpes, le Conseil Général de Savoie, la Mairie de Nuit Saint Georges, ainsi que plusieurs partenaires privés qui se sont investis avec l’envie de
voir un piano sillonner l’Europe.
On n’a pas chômé pour rendre l’aventure émergente, dans ce monde actuel ! Le paradoxe c’est que l’idée est extrêment simple, malgré un bon nombre de gens qui la pensent compliquée : il suffit d’un vélo (un triporteur), d’un piano, et d’effort physique à la base. C’est bien avec cette petite idée porteuse que nous voulions partir à deux, en roues libres. Au fur et à mesure de notre avancée et des rapports avec les gens, nous avons vu du sens à vouloir porter cette action plus loin, afin de l’ouvrir au maximum. Tout en préservant l’authenticité de l’idée : miser sur l’imprévu, la spontanéité, le lâcher prise (le trip) et la rencontre dans l’instant présent en Europe. Car l’intérêt de tracter un piano en vélo sur un bon tour d’Europe, c’est avant tout une aventure qui s’ancre dans le monde, et qui est au contact de l’autre. Alors autant faire en sorte, par tous les moyens dont on a disposé à notre petit niveau, pour faire passer le message, porter des candidatures et démultiplier les facettes du projet vers un sens plus collectif.
5 mois donc de charivari administratif, de courses poursuites dans les bureaux, de traque à l’information disséminée dans des labyrinthes de procédures. Formulaires, contres-formulaires, notions à reformuler. Ahhhhh ! Marathon marathon devant les dossiers, les débats (« Mais ça sert à quoi en fait un vélo-piano ? A vivre…», les entretiens (« Allô oui bonjour, c’est au sujet d’un piano qui a envie de se faire la malle en Europe… »), et les régions que nous avons traversées en diagonale pour lancer des appels et inscrire le projet dans la réalité, tel que nous l’avions imaginé au meilleur de son potentiel. Au cœur de cette excursion en mode jungle urbaine, nous avons fait quelques rencontres fortes, une poignée de personnes impliquées et, qui nous ont aidées dans nos démarches pour continuer d’avancer.
Aujourd’hui, Pianotrip est lauréat de cinq bourses : Défi Jeune (programme Envie d’Agir), Jeunesse en Action (programme européen), Jeune Citoyens du monde (Rhône Alpes), aide aux Jeunes Citoyens du monde (Savoie), Jeunes voyageurs (Club TELI). Yeaaah !
Il nous manque quand même un sacré morceau de budget, mais on tient bon, et qui sait, sur le voyage, tout peut arriver, avis aux futurs partenaires qui voudraient se joindre…).
Voilà, ces
quelques mois de silence ont été en sous-marin bouillonnants de recherche, ce qui nous conduit à notre dernière ligne droite, qui en réalité était notre toute première : On part ! On y
est presque. Encore quelques semaines, qui vont passer à toute allure, avant de se retrouver à pédaler, avec un piano dan le dos. Nous avons reçu le triporteur, nous sommes actuellement dans le
sud de la France. Christophe s’attèle méticuleusement chaque jour à la construction de la caisse qui abritera notre piano et une partie de notre matos. Claire, sur Lyon, se charge de la
communication, et nous aide considérablement à faire passer l’information.
Dans les deux semaines qui viennent, le piano et les panneaux solaires viendront se greffer sur le toit de l’embarcation, ce qui nous permettra en temps ensoleillé de rouler avec une autonomie décuplée. Exit le concept, nous voici dans le concret d’une action qui lance son compte à rebours jusqu’au départ : le samedi 27 février.
On rentre à la fois dans le concret, et on n’a jamais été aussi proche de l’irréel. Des rêves pleins les poches, et déjà des nuits avec les lignes discontinues de route en songe. L’imaginaire se remet gentiment en branle, après cette période de montage de projet. L’Italie en février, les Alpes, la Crète au printemps. Puis la remontée dans les Balkans…Les barres de rire à venir, comme les galères… On a bénéficié d’un fort soutien institutionnel, voyons ce qu’il adviendra maintenant dans la réalité de l’Europe. Passer des mots à l’acte. On a enfin pouvoir commencer à répondre à cette question anodine : Est-il possible, en 2010, de faire traverser un piano en Europe et de le laisser se poser là où on ne l’attend pas ? L’issue de Pianotrip, on ne la connaît pas. Nous nous nourrissons des aléas du voyage, et c’est bien là l’intéressant. Rendez-vous à la sortie. En attendant, on se régale, dans nos préparatifs…