Partenaires de l'aventure

PART 2011

Publié dans : Carnet de bord
Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 14:18

BREAK INN TANGER

On part de séville, sous un soleil noir.  Plein cap sur Jerez puis Tarifa, l'extrême sud du pays. La canicule fait fumer l'asphalte des routes, le soleil tue, ici.  

  CANICULE- MODE OPERATOIRE

Nieble -Sévilla web- Du Lever au point du jour à 11h: pédalage sur les routes

-De 11 à 18h: Personne dehors.. Il n'y a absolument Personne dehors: Indice maximal de fournaise imminente. Apprendre à déserter rapidement les embarcations pour aller se caler au plus vite sous un arbre, au mieux dans un café-clim. (Garer au préalable le Janot à l'ombre, humidifier la caisse du piano...).  

- 18hà 22h: pédaler à nouveau, et avancer sous des températures plus clémentes

23h à 1h: Dîner + Lieu de campement. Ici la nuit n'a pas la même saveur. Dans les bourgades, les gens sortent de chez eux vers les 20h/ 21h, et la vie locale reprend son cours jusqu'à 1 ou 2h du matin. 

On a tiré jusqu'à Tarifa sous ce mode. On pédale sur des routes vallonnées et fumantes, bordées de champs de tournesols et d'herbes jaunies. Paysage de steppes brûlées.

   

 

 

 

 

 

Tarifa- La ville à caractère multi-facette

 

Tarifa-1.jpg De retour dans l'extrême pointe sud du pays, cette fois en été. Plus la même ville, l'activité déborde, on a du mal à la reconnaître. Ici, c'est la décontract' attitude, et on retrouve le mot d'ordre partout: "100% fUN" peint en propagande criarde sur le mur des hotels, ou des stickers "fUnky attitude", "Surf & Love" multi-colores sur les panneaux de signalisation quelques kms avant l'entrée...On est prévenus.

Sur les routes, tout le monde en Andalousie a un avis tranché sue le "cas" Tarifa: 

- Cité idylique où se rencontrent majestueusement l'océan atlantique et la mer méditerranée 

 - ville asservie au vent, aux ruelles étroites peuplée de fous

- ville touristico- buisness rapaçée depuis une trentaine d'années par des commerces étrangers (entre Hollandais, français, italiens, anglais...)  

- Micro pôle du kite-surf qui a su acquérir un statut mondial par se qui constituait sa faiblesse initiale: le vent casi permanent

- Paradis des sports de glisse, du fun-fashion et de la fiesta déglinguée

 - Petite antichambre de l'Afrique, visible d'en face (accessible en 35 min de traversée, sur 17 kms)

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On arrive en sueur: retrouvailles au Melting pot, avec Paola, Lola la patronne..Pedro & David aux abonnés absents sur le petit tableau noir de l'entrée, le temps passe (On y était passés en décembre dernier, on arrivait de génova par bateau. Prévue pour une nuit, l'escale s'est finalement prolongée d'1semaine, à faire rencontres sur rencontres, soirées sur soirées). On sort d'un épisode caniculaire, les annecdotes sont à point: on raconte aux concernés le destin de la chanson "Via con Me", de Paolo Conte. Chanson italienne jazzy qu'on a embarqué sur le vif depuis Tarifa, après l'avoir écoutée sur la chaîne hi-fi de la Vinothèque, au cours d'une soirée de dégustation et décrété sur le champs son intégration au répertoire, pour le reste du périple. Elle a évolué en reprise pendant 6 mois, le long des kms et des paysages,  pour finir...en Live, en face de Mr Paolo Conte en personne, qui s'est carrément accoudé au coffre du piano pour l'écouter confortablement, à Lisbonne.

 

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Tarifa-Tanger

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Un autre continent est face de soi, à portée de regard, les deux pieds dans l'eau. Les pays du Magreb. Magreb-Maroc. Tanger à nouveau. Tanger-Tarifa. Les deux identités en antithèse; activités et rythmes radicalement différents, à quelques brasses de là. De la tunique au topless; du muezzin à la dancefloor, pour faire court. 

 

On embarque un beau matin avec l'idée de ne s'attarder au Maroc que le temps d'une aprèm, pour une connection portuaire. La traversée nous avancerait directement au nord de l'Espagne, en 2 jours (Tarifa-Tanger / Tanger-Barcelone)...Il en sera tout autrement: au cours de la journée "transition", qui se vit en authentique parcours Fort Boyard,  on finit sur les rotules, à constater un énième pliage de roue sur une aire d'autoroute, la connection de bateau perdue.  

Un trajet imprévu d'une cinquantaine de bornes à faire en moins de 3 heures entre le port de Tanger-ville et Tanger Med (nouvellement construit) par lequel tous les bateaux à l'exception de tarifa partent, dorénavant. L'avantage de ce nouveau port, c'est qu'il désengorge le trafic de la ville. L'inconvénient? On se retrouve comme des bleus, avec toutes ces bornes (dont 2 petits cols) à parcourir par temps caniculaire, en moins de 3h. On court comme des lapins dans le port, au camion transporteur qui nous trimballera là-bas par voie rapide.. Qui veut? Qui veut? On court..au point d'en oublier un peu trop vite que le triporteur dans un camion finit souvent mal, côté boulons.Alors oui, on le trouve en moins de 20 minutes, pile à la sortie du port notre camion. Oui, On le charge en temps record (1O minutes) et oui..: on s'arrête en plein milieu du trajet, sur une belle aire d'autoroute, coupés au ras de l'élan, avec un problème de sangle, et la force latérale du poids, qui a sciemment grignoté le physique et la fonction de notre roue gauche arrière. Abdoullah, notre chauffeur en djellaba blanche et casquette benetton qui nous répète invariablement " c'est Tanger qui te laisse pas partir, tu vois? Tanger veut le Piano!"+ le dicton moderne " Avec le prévu, on est sûrs de ce qui est prévu. Heureusement, il y a l'imprévu.." sur lequel une bonne partie du périple ...On y restera au final un mois, à Tanger. 

 

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Plus tôt, on a fait la connaissance de Camille, reporter radiophonique française sur Tanger, qui nous attend au débarquement, micros et casques pas très loin. On se rencontre sur le pouce, en plein tronçon ubuesque où on apprend qu'on a 2 heures pour gravir une cinquantaine de bornes avec deux/ trois cols, si on veut espérer embarquer dans la foulée pour Barcelone. Entre Fiasco d'infos et imbroglio de camionette-transporteurs à démarcher fébrilement..Camille nous glisse spontanément un plan de son appartement et de son lieu de travail.."Au cas où". Vive Camille.

17h, ce même jour: Les vélos atterrissent  dans un vieux bâtiment des années 60 , le sol en terre battue réaménagé en garage surveillé, dans une rue du centre, qui longe le cimetière juif et la longue ligne des grand  taxis mercedes beiges, en attente.

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L'arrêt au Maroc, c'est au final parfait comme panoplie d'alternatives. On peut, de là, s'embarquer pour Barcelone, joindre directement Londres, ou embarquer pour la France. On met ce futur choix en stand-by , et on revient au présent d'une ville à explorer en piano, un pays, un continent, qui a finit par apparaître comme une évidence, voire un incontournable.

  What Else?

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Retour à la petite pension de décembre, qui continue de nous faire dormir pour la somme de 4 euros chacun.  L'histoire bien actuelle, aussi, du portefeuille qui n'arrête pas de maigrir, en coda. Pas par échec, sa pâleur maigrichonne. Plutôt par intransigeance, celle de ne pas se conformer qu'à une loi unique, et de se donner les moyens de pousser les moyens réels et les idées au plus loin.

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 Retour à la cinémathèque de Tanger et ses thés à la menthe dans des grands verres;Quand on sort dehors, ça parle français, espagnl et arabe, il y a des babouches et des djellabahs dans la rue. Des répétitions sont fréquentes au petit parking, au milieu du ballet des voitures et des carioles, les gars du parking apprécient.    

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Les forces tardent à revenir, l'impulsion physique a été coupée à ras, brisée sur le grill de l'aprèm. Mais depuis tout ce temps à avancer sans filet,  le moral a appris à ne plus écopper en éponge: on se redéfinir dans l'immédiat, à partir des failles: c'est la force et la vie d'un acte continu. Plus qu'un contre-coup physique, on arrive à un tournant interne: le sentiment d'avoir vu, entendu, traversé bcp de terrains; vécu à plein poumons et à pleine balle des situations passablement inédites, dans un tronçon de vie qui est allé à l'essentiel, du point de vu du rapport au monde. Le moral reste au top, le rire au bord des lèvres, c'est le poids du vécu qui pèse.  

  Retour à l'envie brûlante de mettre en place un Pianotrip tout en haut, là-haut, place du Méchoir, dans le quartier historique de la Kasbah, une fois les forces retrouvées. Quitte à ce que ce soit le dernier, tout là haut.  Tanger-art5.png

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Nous ne sommes plus en Europe: Refus simlutané de poser le Piano sur une initiative personnelle, mais de tenter une action commune, avec la Wilaya (l'équivalent du Conseil régional).  On franchit les portes de l'association italienne Cospè, installée dans la médina. L'ambiance y est chaleureuse, l'asso soutient notre idée de déambulation musicale dans la ville. Elle sera notre lien direct avec les autorités marocaines, qui soutiennent et autorisent en temps record (2 jours!) un Pianotrip dans les murs. Une rapidité qui tient "Du jamais vu", nous confirme-t-on dans les bureaux. On est exténués, mais ça, ça revitalise l'envie, qui reste intacte, à l'intérieur. 

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Tanger-art17-copie-1.png Le Janot est endommagé, Zorba aussi. Fatigue de la révision complète, quelques jours avant de le lancer dans la ville. Une dernière échappée belle jusque-boutiste, où le Janot claudique en procession ambulante, pour déposer le piano d'abord dans le parc, puis, après une pente infiniement sèche, sur les hauteurs du quartier historique, qui surplombe la mer et fait face à l'Espagne, à l'Europe: Place du Méchoir. Adam, membre de l'asso, nous accompagne avec sa femme et son fils. Sa présence, son feeling avec les gosses des rues nous permet d'envoyer la dernière séance." [...] Il faut savoir garder son calme, ne pas perdre le regard plongé dans l'autre, et lui faire comprendre que même son couteau planqué dans sa main, derrière son dos, n'aura pas d'issue..."

Le même soir, c'est la fête du roi dans la ville, une première: il y assiste en personne, présent dans les murs de Tanger. Un dispositif gargantuesque de défilés, feux d'artifices, concerts géants ébranlent la ville. On regarde tout cela en privilègiés depuis une terrasse magique qui donne sur la mer, logés pour une semaine dans la maisonnette cossue où vivent Camille & Thibault. Vive les Camille et les Thibault

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