Partenaires de l'aventure

PART 2011

Carnet de bord

Publié dans : Carnet de bord
Lundi 19 novembre 2012 1 19 /11 /Nov /2012 21:43

A TRIPIN' WAY

 

"Quoi?! Une déclinaison de Pianotrip sur plusieurs axes?!!                                                                                                           - Ben ouais, Normal..il ne se laisse pas plier aussi facilement dans une boîte, l'animal..."     

Un an s'est écoulé, et Pianotrip a multiplié ses caps en vue de mouler son existence dans une forme défintive. Une forme définitive oui, mais socle unique..Eh bien non! C'est ainsi qu'après avoir traversé en musique et à bord d'un vélo solaire les paysages et les habitants du continent, l'acte a continué son itinéraire. Pendant de longs mois, il s'est mis à traverser les cadres en bois, la scène, et plus récemment les festivals. On vous laisse arpenter l'horizon de ses azimuts en tripant fort pour que ces échos vous parviennent dans un futur proche, autrement que par la tendre mais muette lucarne du net. Voici l'horizon de ses mues.

Pianotrip aujourd'hui, c'est :

Un spectacle Live, dont la programmation se poursuit en salles et festivals.

Une exposition itinérante qui a vu le jour dans le Centre Jean Moulin au festival du Grand Bivouac à Albertville, du 26 au 29 octobre 2012. Elle continuera de voyager avec ses échos si on lui prête un regard attentionné sur la route de Lyon, Paris, Sofia, Venise, et Lisbonne dans le courant de l'année 2013.

Le bonhomme de chemin de Pianotrip est aussi entrain d'entamer une phase de reconversion papier: deux ouvrages (Un beau-livre et un premier roman) sont en cours de rédaction depuis notre petit QG. Ils seront achevés dans le courant de l'année 2013.

P.S: Le trip vous manque à l'âme? Un peu de gaité en acte dans le quotidien cette année? Sachez qu'un café-citoyen circule actuellement sur les routes entre la France et l'Espagne, jusqu'en Andalousie cette année. Son doux nom? La Galoupiote. Son ptit site www.lagaloupiote.com.  

Elle est pas belle de possibles improbables, la vie?

                                                                                                                                                        Tripement vôtre,     Lou Nils & Christophe Clavet


Voir les 0 commentaires
Publié dans : Carnet de bord
Lundi 19 novembre 2012 1 19 /11 /Nov /2012 18:42

 HOME SWEET HOME !

 

On dépose les malles, le piano, les vélos, pêle-mêle. Temps sublime des retrouvailles ; un palmarès d’émotions au quotidien. Revoir les proches, s'entourer de ses racines, festoyer, mais aussi acheter une baguette de pain croustillante, et tourner la clé dans la serrure en rentrant dans un Chez Soi...Redécouvrir à l'intérieur le charme hypnotique d'une baignoire, et gagner le même lit chaque soir...La prochaine étape pour nous, c’est du repos, et en profondeur.

La suite ?

On est arrivés en France épuisés, avec, au creux des corps l’envie intacte d’exulter. Phase de décantation intense. A la question récurrente de "mais ce n'est pas trop dur de rentrer, se remettre dans le moule?" on préfère sourire de toutes nos dents, tellement elle nous semble loin de notre coin de terre et aspirations. Le bouillonement de créer, de jouer, de se sentir en vie, et d’agir dans ces mondes en mouvement est encore plus intense, à présent. Pas de doute: une crise, c'est vraiment fait pour décriser. On est dans le monde des possibles, et on y reste. Les éternelles questions commencent à affluer, depuis l'extérieur « Vous allez écrire un livre ?" « Un petit film » ? Le mot aveugle « d’après-projet » coule comme un robinet grand ouvert, heueusement, y'a la baignoire.

Alors la dead-line de la suite 2012 : on va commencer à tout rassembler...Relire les carnets, trier les photos, les rushs, sortir les musiques qui nous ont traversé. On va s'atteler à donner un rendu final de cette exploration en piano de 19 mois dans le quotidien et l’actualité électrique de l’Europe. La question, entre autre, c’est : quel support va être à même de restituer au mieux la densité de ce qui s’est donné à parcourir ?

Côté perso, la conclusion hâtive aujourd’hui et maintenant, c’est que toute cette route nous a galvanisé par des idées de création au sens large, et on va continuer à se réaliser dans cette voie. C'est puissant et fragile en même temps, ce chemin; ça tient du dedans comme du dehors pour en vivre. En continuité directe on va donner une forme définitive à nos travaux pratiques dans Pianotrip, qui se déclinent entre musique, textes, dessins, et photos. Pour le reste, l'avenir & les rencontres nous diront la suite, de façon bien plus magistrale que ces premières prévisions à vue de lorgnette. Ce ne sont pas les idées  qui manquent..Tant de choses restent à vivre au XXI ème siècle, avec un peu d'imagination et les tripes qui tambourinent.  

En attendant, comme on n'a pas l'habitude de venir/partir les mains vides,  on en profite ici pour vous inviter à découvrir notre nouveau site où un aperçu de ce qu'on a entrepris dans la traversée est disponibe. Ce site s’est peu à peu construit depuis les routes portugaises, pour arriver jusqu’à vous. (accessible par l’onglet "site" depuis la page d’accueil www.pianotrip.com ou directement ici : www.pianotrip.net

Nous continuerons à donner des nouvelles. STOP. 

Très prochainement une expo devrait voir le jour. STOP.

 Peut-être un livre aussi. STOP.

 

    Avons pas dit notre dernière note, -STOP- ni notre dernier cri. STOP. Ni notre dernier trip. FIN DE TRANSMISSION.  


Voir les 0 commentaires
Publié dans : Carnet de bord
Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 17:49

Tanger-France

On s’était laissés au Maroc, sur les hauteurs de la ville avec un piano posé là-haut, tout en haut, face à l’Espagne, 12 kms en face.
Ca-y-est, c’est décidé: on a pris nos billets de bateau. Après un bon mois ici, on décide de s’embarquer pour la France.
Avant de d'embarquer, Adam, de l’association Cospe,  nous a invité à partager un couscous traditionnel avec sa famille, le couscous de la maman ! Excellent. Rendez-vous donné à 10h, le temps de préparer le couscous, mais surtout d’aller chercher les ingrédients qui vont bien... On a fait les 4 coins de la ville pour les trouver  : la préparation du couscous ici c’est tout un rituel, la préparation dure des heures, le savoir-faire  est un art.

 1-copie.jpg

10.jpgOn  fera le trajet de Tanger jusqu’au port en camion. Trajet effectué avec Abdoullah, le même chauffeur, qui avait tenté de nous amener à Tanger-Med, un mois plus tôt. Le grand sourire, on embarque le vélo qui est toujours très fragile et plus qu’incertain. On se demande à chaque mètre si une roue ne va pas lâcher, ou les freins..Enfin, on est plutôt sur le qui-vive. On n’aura pas trouvé les pièces ici pour réparer les roues correctement (une bonne trentaine de rayons reste à changer, les plaquettes..). Le chauffeur est un type super sympa. La tranquillité, le sourire et toujours une p’tite blague pas loin. 4.jpg
Direction Tanger-Med, à 40 kms de Tanger ville, donc, avec la France comme nouvel horizon. On prend la petite route qui longe la côte, vallonnée, magique. Cette route, Abdoullah la connait bien, il la prend très souvent car il assure les transports de marchandises entre les deux points. Il est tangérois de naissance, ce qui est très rare, nous explique-t-il : dans les années 70, il y avait seulement 50 000 habitants ici, contre 1 000 000 aujourd’hui.
Arrivée à Tanger-Med, le nouveau port : Un immense chantier, 3 ports sont ici en construction. Ça fourmille. On décharge comme on peut, sur un talus de terre battue, avec des bouts de planches, qu’on trouve à proximité.
Il fait chaud, on salut Abdoullah et on se dirige vers la gare maritime. On a notre ticket pour la France dans la  main, ça fait réfléchir. Chaque moment nous rapproche de plus en plus de notre bon vieux pays, qui nous paraît à des années lumières, depuis qu’on a fait le grand saut à dos de piano, et en même temps, qui n'a jamais cessé d'être à deux pas. A deux pas, dans le mental, à deux pas, dans notre manière de vivre avec les mêmes codes, en Europe, à deux pas, géographiquement, avec tous ces transports qui bouillonnent dans tous les sens tous les jours.. Validation du ticket auprès de la compagnie Comarit, puis on passe la douane. Les gens nous regardent avec un grand sourire. Vient notre tour. Les douaniers sont super sympas (comme tous ceux des frontières qu’on a traversé d’ailleurs..). Ils nous questionnent, questions plus personnelles que professionnelles, petite séance photo. Puis on se dirige vers l’entrée du bateau. On est en avance, dans 2h on sera sur le pont, à regarder l’eau salée depuis le haut.

7.jpg
Les voitures commencent à embarquer. Nous sommes postés à droite de la porte, on est sensés être les derniers à entrer...
 « Bonjour ! Alors comme ça, vous transportez un piano sur un vélo ? ».C’est le commandant du navire.. On restera à discuter au pied du bateau une bonne demi-heure. Il habite Marseille, (quand ce n’est pas un petit bateau, qui le conduit dans tous les recoins secrets de la belle bleue, avec sa femme). A la retraite, mais il exerce toujours.  Il ne peut pas se passer de la mer, mais sur le ferry, « il prend la place de personne ». Un homme comme on en rencontre pas tout les jours. Malgré son poste à responsabilité,  il reste disponible, à l’affût, attentif, présent : le charisme qui n’écrase pas et qui force le respect..
Il nous fait embarquer immédiatement sur le bateau, quelques marins nous poussent pour monter sur le ferry : le « fameux » Biladi. Le soir même, on est invité au carré du commandant, avec l’équipage. On pose les valises et on monte sur la passerelle du commandant pour assister au départ.
 8.jpg

Voyager en bateau nous fait entrer dans un autre espace-temps, un temps qu’on adore. A chaque fois qu’on est monté sur un ferry, le sentiment troublant de se sentir en mouvement, sans les jambes qui œuvrent pour pédaler..Ça nous provoque une sensation de voyage vraiment différente, des vacances, qu’on ne se lasse pas d’apprécier. On se laisse guider, comme deux gosses.  C’est le 7ème ferry depuis le départ. Celui qui marque le retour au pays. Dans le grand salon, les mondes se croisent, on est tous dans le même acquarium, propice aux rencontres, une communication plus spontanée. Ici on est encore un peu au Maroc. Il y a une mosquée à bord.

 1.jpg 

11.jpg


36h de traversée, 2nuits.
La vue de la France, et la manœuvre d’arrivée dans le port de Sète, on voit tout ça depuis la Passerelle (cabine de pilotage). Des larmes qui tambourinent sur les joues. J’avais oublié que c’était si fort de revenir.


9.jpg 5.jpg

 6.jpg

3.jpg

Le débarquement
La fin de l’expédition Pianotrip relève de l'anthologie. Le capitaine nous a prévu un container ( !!) à l’arrivée pour laisser le vélo quelques jours, afin d’aller chercher des pièces neuves (rayons, jantes).  A notre retour, à peine sorti du container, Le Janot (triporteur) a mis un terme à son épopée, en direct : une petite marche de 10-15 cm, comme on en a passé des centaines depuis le début.. Une toute petite marche qui fait que le moelleux de roue droite s'est brisé en solo. Les vis qui tenaient la roue au moelleux ont cédé, à même le sol. Une cassure nette, pile, dans l'enceinte sécurisée du port, comme un cadran de montre qui s'arrête avec une fissure, voici que j'envisage ce qui n'est pas visible de l'oeil mais qui clignote de partout dans l'air, et qui nous entoure: la ligne d’arrivée de ces 7000 kms en musique...
Avant de s’activer sur le qui-vive pour trouver au plus vite des cales et éviter un retournement dévastateur, on  assiste, le souffle coupé, à un arrêt physique instantané, à une arrivée jusque-boutiste ; une arrivée à temps réel, qui vient confirmer le caractère assez hors- norme de ce qui nous a tenu et traversé, sur les routes. Nos  corps et esprits sont fatigués, on ne le savait pas encore, mais on a fini par (y) arriver. On est là, à regarder l’embarcation qui vient de marquer l’arrêt du trip, pas mal épuisés, troués d’images, de musiques, et d’émotions assez diverses. Contents de s’être écoutés, sur le choix du billet retour en France.., Nous sommes encore en Zone internationale, la dernière blague de ce trip, qui aura toujours fait les choses à sa manière, à la fois ni queue ni tête et si infini de sens. Un douanier passe, s'arrête, La chair de poule lui court sur les bras, il nous les montre, hébété « je crois qu’il vient de se passer un truc de fou..Vous..Vous avez dû vivre un truc de fou depuis tous ces mois, ça me hérisse de partout ! » C’est à peu près cela, Monsieur.
Un dernier air sonne au piano.  Le dernier qui s'est ajouté au répertoire, en cours de route..Il résonne comme un ultime clin d'oeil à l'imprévu qui colle, dans toute sa nature, au temps du présent : « Le Marin », d'Alain Souchon.

On l’aura fait ce tour d’Europe. 

Et maintenant, c'est par où la suite?

Ecrire un commentaire
Voir les 7 commentaires
Publié dans : Carnet de bord
Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 14:18

BREAK INN TANGER

On part de séville, sous un soleil noir.  Plein cap sur Jerez puis Tarifa, l'extrême sud du pays. La canicule fait fumer l'asphalte des routes, le soleil tue, ici.  

  CANICULE- MODE OPERATOIRE

Nieble -Sévilla web- Du Lever au point du jour à 11h: pédalage sur les routes

-De 11 à 18h: Personne dehors.. Il n'y a absolument Personne dehors: Indice maximal de fournaise imminente. Apprendre à déserter rapidement les embarcations pour aller se caler au plus vite sous un arbre, au mieux dans un café-clim. (Garer au préalable le Janot à l'ombre, humidifier la caisse du piano...).  

- 18hà 22h: pédaler à nouveau, et avancer sous des températures plus clémentes

23h à 1h: Dîner + Lieu de campement. Ici la nuit n'a pas la même saveur. Dans les bourgades, les gens sortent de chez eux vers les 20h/ 21h, et la vie locale reprend son cours jusqu'à 1 ou 2h du matin. 

On a tiré jusqu'à Tarifa sous ce mode. On pédale sur des routes vallonnées et fumantes, bordées de champs de tournesols et d'herbes jaunies. Paysage de steppes brûlées.

   

 

 

 

 

 

Tarifa- La ville à caractère multi-facette

 

Tarifa-1.jpg De retour dans l'extrême pointe sud du pays, cette fois en été. Plus la même ville, l'activité déborde, on a du mal à la reconnaître. Ici, c'est la décontract' attitude, et on retrouve le mot d'ordre partout: "100% fUN" peint en propagande criarde sur le mur des hotels, ou des stickers "fUnky attitude", "Surf & Love" multi-colores sur les panneaux de signalisation quelques kms avant l'entrée...On est prévenus.

Sur les routes, tout le monde en Andalousie a un avis tranché sue le "cas" Tarifa: 

- Cité idylique où se rencontrent majestueusement l'océan atlantique et la mer méditerranée 

 - ville asservie au vent, aux ruelles étroites peuplée de fous

- ville touristico- buisness rapaçée depuis une trentaine d'années par des commerces étrangers (entre Hollandais, français, italiens, anglais...)  

- Micro pôle du kite-surf qui a su acquérir un statut mondial par se qui constituait sa faiblesse initiale: le vent casi permanent

- Paradis des sports de glisse, du fun-fashion et de la fiesta déglinguée

 - Petite antichambre de l'Afrique, visible d'en face (accessible en 35 min de traversée, sur 17 kms)

webIMG_3502.jpg

 

On arrive en sueur: retrouvailles au Melting pot, avec Paola, Lola la patronne..Pedro & David aux abonnés absents sur le petit tableau noir de l'entrée, le temps passe (On y était passés en décembre dernier, on arrivait de génova par bateau. Prévue pour une nuit, l'escale s'est finalement prolongée d'1semaine, à faire rencontres sur rencontres, soirées sur soirées). On sort d'un épisode caniculaire, les annecdotes sont à point: on raconte aux concernés le destin de la chanson "Via con Me", de Paolo Conte. Chanson italienne jazzy qu'on a embarqué sur le vif depuis Tarifa, après l'avoir écoutée sur la chaîne hi-fi de la Vinothèque, au cours d'une soirée de dégustation et décrété sur le champs son intégration au répertoire, pour le reste du périple. Elle a évolué en reprise pendant 6 mois, le long des kms et des paysages,  pour finir...en Live, en face de Mr Paolo Conte en personne, qui s'est carrément accoudé au coffre du piano pour l'écouter confortablement, à Lisbonne.

 

  Tanger-art10.png

 Tanger-art12.png 

 

Tarifa-Tanger

tarifa.jpg

 

Un autre continent est face de soi, à portée de regard, les deux pieds dans l'eau. Les pays du Magreb. Magreb-Maroc. Tanger à nouveau. Tanger-Tarifa. Les deux identités en antithèse; activités et rythmes radicalement différents, à quelques brasses de là. De la tunique au topless; du muezzin à la dancefloor, pour faire court. 

 

On embarque un beau matin avec l'idée de ne s'attarder au Maroc que le temps d'une aprèm, pour une connection portuaire. La traversée nous avancerait directement au nord de l'Espagne, en 2 jours (Tarifa-Tanger / Tanger-Barcelone)...Il en sera tout autrement: au cours de la journée "transition", qui se vit en authentique parcours Fort Boyard,  on finit sur les rotules, à constater un énième pliage de roue sur une aire d'autoroute, la connection de bateau perdue.  

Un trajet imprévu d'une cinquantaine de bornes à faire en moins de 3 heures entre le port de Tanger-ville et Tanger Med (nouvellement construit) par lequel tous les bateaux à l'exception de tarifa partent, dorénavant. L'avantage de ce nouveau port, c'est qu'il désengorge le trafic de la ville. L'inconvénient? On se retrouve comme des bleus, avec toutes ces bornes (dont 2 petits cols) à parcourir par temps caniculaire, en moins de 3h. On court comme des lapins dans le port, au camion transporteur qui nous trimballera là-bas par voie rapide.. Qui veut? Qui veut? On court..au point d'en oublier un peu trop vite que le triporteur dans un camion finit souvent mal, côté boulons.Alors oui, on le trouve en moins de 20 minutes, pile à la sortie du port notre camion. Oui, On le charge en temps record (1O minutes) et oui..: on s'arrête en plein milieu du trajet, sur une belle aire d'autoroute, coupés au ras de l'élan, avec un problème de sangle, et la force latérale du poids, qui a sciemment grignoté le physique et la fonction de notre roue gauche arrière. Abdoullah, notre chauffeur en djellaba blanche et casquette benetton qui nous répète invariablement " c'est Tanger qui te laisse pas partir, tu vois? Tanger veut le Piano!"+ le dicton moderne " Avec le prévu, on est sûrs de ce qui est prévu. Heureusement, il y a l'imprévu.." sur lequel une bonne partie du périple ...On y restera au final un mois, à Tanger. 

 

Tanger-art14

 

 

Tanger-art13.png

Plus tôt, on a fait la connaissance de Camille, reporter radiophonique française sur Tanger, qui nous attend au débarquement, micros et casques pas très loin. On se rencontre sur le pouce, en plein tronçon ubuesque où on apprend qu'on a 2 heures pour gravir une cinquantaine de bornes avec deux/ trois cols, si on veut espérer embarquer dans la foulée pour Barcelone. Entre Fiasco d'infos et imbroglio de camionette-transporteurs à démarcher fébrilement..Camille nous glisse spontanément un plan de son appartement et de son lieu de travail.."Au cas où". Vive Camille.

17h, ce même jour: Les vélos atterrissent  dans un vieux bâtiment des années 60 , le sol en terre battue réaménagé en garage surveillé, dans une rue du centre, qui longe le cimetière juif et la longue ligne des grand  taxis mercedes beiges, en attente.

Tanger-art8.png

L'arrêt au Maroc, c'est au final parfait comme panoplie d'alternatives. On peut, de là, s'embarquer pour Barcelone, joindre directement Londres, ou embarquer pour la France. On met ce futur choix en stand-by , et on revient au présent d'une ville à explorer en piano, un pays, un continent, qui a finit par apparaître comme une évidence, voire un incontournable.

  What Else?

Tanger-art1.png

Tanger-art6.png

Retour à la petite pension de décembre, qui continue de nous faire dormir pour la somme de 4 euros chacun.  L'histoire bien actuelle, aussi, du portefeuille qui n'arrête pas de maigrir, en coda. Pas par échec, sa pâleur maigrichonne. Plutôt par intransigeance, celle de ne pas se conformer qu'à une loi unique, et de se donner les moyens de pousser les moyens réels et les idées au plus loin.

Tanger-art9.png

 Retour à la cinémathèque de Tanger et ses thés à la menthe dans des grands verres;Quand on sort dehors, ça parle français, espagnl et arabe, il y a des babouches et des djellabahs dans la rue. Des répétitions sont fréquentes au petit parking, au milieu du ballet des voitures et des carioles, les gars du parking apprécient.    

Espagne-4223.JPG

Les forces tardent à revenir, l'impulsion physique a été coupée à ras, brisée sur le grill de l'aprèm. Mais depuis tout ce temps à avancer sans filet,  le moral a appris à ne plus écopper en éponge: on se redéfinir dans l'immédiat, à partir des failles: c'est la force et la vie d'un acte continu. Plus qu'un contre-coup physique, on arrive à un tournant interne: le sentiment d'avoir vu, entendu, traversé bcp de terrains; vécu à plein poumons et à pleine balle des situations passablement inédites, dans un tronçon de vie qui est allé à l'essentiel, du point de vu du rapport au monde. Le moral reste au top, le rire au bord des lèvres, c'est le poids du vécu qui pèse.  

  Retour à l'envie brûlante de mettre en place un Pianotrip tout en haut, là-haut, place du Méchoir, dans le quartier historique de la Kasbah, une fois les forces retrouvées. Quitte à ce que ce soit le dernier, tout là haut.  Tanger-art5.png

Tanger-art7.png

Nous ne sommes plus en Europe: Refus simlutané de poser le Piano sur une initiative personnelle, mais de tenter une action commune, avec la Wilaya (l'équivalent du Conseil régional).  On franchit les portes de l'association italienne Cospè, installée dans la médina. L'ambiance y est chaleureuse, l'asso soutient notre idée de déambulation musicale dans la ville. Elle sera notre lien direct avec les autorités marocaines, qui soutiennent et autorisent en temps record (2 jours!) un Pianotrip dans les murs. Une rapidité qui tient "Du jamais vu", nous confirme-t-on dans les bureaux. On est exténués, mais ça, ça revitalise l'envie, qui reste intacte, à l'intérieur. 

Tanger-art15.png

Tanger-art16.png

 

Tanger-art17-copie-1.png Le Janot est endommagé, Zorba aussi. Fatigue de la révision complète, quelques jours avant de le lancer dans la ville. Une dernière échappée belle jusque-boutiste, où le Janot claudique en procession ambulante, pour déposer le piano d'abord dans le parc, puis, après une pente infiniement sèche, sur les hauteurs du quartier historique, qui surplombe la mer et fait face à l'Espagne, à l'Europe: Place du Méchoir. Adam, membre de l'asso, nous accompagne avec sa femme et son fils. Sa présence, son feeling avec les gosses des rues nous permet d'envoyer la dernière séance." [...] Il faut savoir garder son calme, ne pas perdre le regard plongé dans l'autre, et lui faire comprendre que même son couteau planqué dans sa main, derrière son dos, n'aura pas d'issue..."

Le même soir, c'est la fête du roi dans la ville, une première: il y assiste en personne, présent dans les murs de Tanger. Un dispositif gargantuesque de défilés, feux d'artifices, concerts géants ébranlent la ville. On regarde tout cela en privilègiés depuis une terrasse magique qui donne sur la mer, logés pour une semaine dans la maisonnette cossue où vivent Camille & Thibault. Vive les Camille et les Thibault

Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires
Publié dans : Carnet de bord
Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 16:40

Espagne- Andalousie. Sur la route de Séville

 

+ 5000 Kms

 esp10

 

Première discussion:

" Ici nous, on Aime le Concombre. D'ailleurs on ne mange Que du Concombre, et on est fiers de notre Concombre, qui ne tue Personne ici ! "  

  On est vite mis au parfum.  On passe d'une langue douce à caractère soporifique au choc d'une langue piquante et tranchante (un train d'enfer dans le palais). Et puis il y a la réalité du terrain:  Quand on entre le premier jour en Espagne par la frontière d'Ayamonte, l'info internationale tourne en  micro-pointillé autour du mouvement des Indignés et  en thriller continu au sujet du comcombre tueur. On constate les dégâts médiatiques que ça cause dans le coin. Et la colère ambiante relative au sujet:  dans la presse, il s'agit d'un matraquage-légumier pour une poignée de jours. Sur place, c'est la paralysie des cultures, le gel de l'achat, et le fruit d'une méfiance locale, souvent sourde et aveugle. C'est pourtant pas vraiment ça, l'Andalousie.

esp12.jpg 

Quand on passe cette onzième frontière, on  passe du côté des 5000 kms sur roues. On aura mis deux jours à comprendre que le climat est roi ici, et la journée fragmentée à son dictat: avec une large pause obligatoire, bien au milieu. Le corps a ses raisons que la raison aurait mis trop de temps à chercher à  comprendre. Déjà difficilement imaginable, mais ici on gagne encore 10 degrés, ce qui nous amène à la température d'un four géant sur les routes. Un four qui rend amorphe tout être vivant pendant le temps de cuisson réglementaire de l'aprèm. Les nuits sont animées de vie locale et étirables jusqu"au petit matin, à la ville comme à la campagne. 

  Les prévisions : Pour nous l' idée est de s'enfoncer dans les terres andalouses pour rallier Séville. Puis monter-descendre les plaines à pic pour gagner Tarifa. De là, embarquer pour le Maroc, et prendre dans la foulée la connexion Tanger-Barcelone, qui nous fait gagner en quelques jours le nord de l'Espagne. 

  Esp-1.jpg

 

Extrait du Carnet Perso - Sur la route de Séville, Arrivée à Huelva: le Pélerinage del Rocio

L'Andalousie, c'est plutôt ça.

J+ 2: Quand on entre tôt le matin dans Huelva, on entend une déflagration. Réflexe primaire: "Quelle roue vient d'exploser / comment garer le triporteur?" Réflexion secondaire: " Rien à voir avec le matos: On pédale au beau milieu d'une artère principale, où le coup d'envoi d'une gigantesque marche locale vient d'être lancé".

Bingo. On se retrouve nez à nez avec..Le plus grand pélerinage folklorique d'Espagne: El Rocio, pour être plus précis. On se dévisse la tête et les oreilles sur place pour comprendre qu'on a changé d'époque et de rapport au monde, en un rien de temps: sur les bords de la route, les habitants ont revêtus les costumes traditionnels andalous. Le bruit des sabots de chevaux  et de chants flamencos se font de plus en plus présents. Non, on est plus en 2011, et l'andalousie nous donne tout de suite un de ses plus beau corazon. (plus de détail: El Rocio dans la malle).
  esp9.jpg 

Séville en ébullition

Ca vire à la canicule quand on entre dans la ville. Info-Flash: à 18h, un panneau d'info affiche 46°...

Une dizaine de Pianotrips sont créés, installés in vivo. Vicky, derrière son bar, nous  ouvre les portes de la ville. On fait les premiers repérages -promenades en compagnie deJosé, ex-erasmums sur Marseille.Coup de coeur du projet pour l'Institut Français, il s'en fait le relais. On assiste aussi par le plus grand des hasards, bloc-note au poings,  à la conférence "Arts et Nouvelles Technologies", à l'Université internationale d'Andalousie.  esp7.jpg 

esp14.jpgOn rencontre, évidemment, et on joue. En coups  de coeur du centre historique, dans ses ruelles qui s'élastiquent en impasses ; en coup de théâtre, à des arrêts de tram; en coup de soleil, à même le béton du centre commercial Nervion..Des accueils - coups de foudre, en général. Le son  se réfléchit sur les parois resserrées des bâtiments, ou se perdent, éphémères et abruptes, sur des terrains plus vastes (places, avenues). Certains participent, un accordéoniste se greffe à point, plus tard une petite fille improvise, des 4 mains, une femme joue un swing parfait avant de s'enfuir en courant. Le tout se consomme dans l'immédiat, à chaque fois différents.

Esp-6.jpg 

Séville. Les habitants nous la décrivent comme une petite ville sympa à habiter. Nous,  on baigne dans le gigantisme. On vit un décalage phénoménal avec le Portugal.  Première grande  ville espagnole. Un caracatère trempé, des taureaux, des bars-concepts, des robes flamenco en vitrines, ses Indignés sur la place".." (cf malle aux trésor).  Le Guadalquivir qui la traverse majestueusement. Le pays des tapas et du "jamon serrano" qui n'a rien à envier à ceux des italiens. On retrouve ici la convivalité gastronomique des pays du sud, où tout est sur la table. La Grèce n'est pas loin, vu d'ici.   

esp17.jpgCa fait très longtemps qu'on a pas mis les pied dans une grande ville hypermoderne. On se sent d'un coup voisins de la France, dans la consommation, les structures et organisations de l'espace. Les vélos fourmillent, avec des pistes cyclables et des réseaux dans tous les sens. Niveau vêtements,  l'hyper modernitude rend fécond un nombre impropbable de négoces, partout. Tous plus saturés les uns des autres: du concept délirant au prix le plus attrayant / repugnant..Il y en a pour tous les goûts, et tous les portefeuilles.  Un vrai phénomène, une préocupation sociale qui nous percute la rétine. Dans la rue, on reste hébétés par le foisonnement de modes vestimentaires,  et de l'aspect impec' des passants. Un culte, ces multi-magasins fédérateurs,  dans les villes modernes d'Europe.on avait un peu oublié.

  esp13.jpg

Bulle de souvenir- De Pilar  au Rio Tinto  

pilar.jpgOn reste le temps d'une dizaine de Pianotrip en roues libres dans les murs. Pilar nous accueille dans son atelier d'artiste, où on loge pour 15 jours. Plasticienne et interprète de renommée internationale, on découvre son parcours de vidéo-performances dans les rues de la ville, dans les années 90, son oeuvre, ses expos..Au fil des discussions qui se multiplient, elle nous livre ce qui l'anime, dans le fond de ses créations. Des actes à bras le corps, indissociables de sa vie perso. Captivante. Les racines de son parcours résonnent curieusement avec les nôtres.  D' un soutien de fond qui génère de l'apaisement et des impulsions pour la suite. La rencontre est forte. La croisée d'itinéraires est troublante. De cette rencontre naît d'ailleurs un Pianotrip d'anthologie, qui nous a fait revenir à vélos dans la petite bourgade de Niebla (c'est à dire..à 70 kms, quand même).  3 jours de créations dans un paysage hallucinant, paradoxal et caniculaire, sur les rives du Rio Tinto. Un paysage  qui nous avait de toute façon pris le mental et la mémoire en otage, depuis qu'on l'avait foulé. Pilar participe, on part investir les lieux avec, entre autre, un costume traditionnel sur mesure, qui sort de son atelier sévillanais.

 

 

Esp5.png

les routes fument quand on repart en direction de Tarifa, et le soleil est noir à vivre. Il tue ici. On continue sur un mode plus intransigeant jusqu'à tarifa, où on part retrouver nos amis rencontrés en hiver: Paola, David, Pedro, Lola, l'auberge du Melting Pot, ...Une promesse qu'on avait faite, de revenir dans l'année. 

  esp11.jpg 

Ecrire un commentaire
Voir les 2 commentaires
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés