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PART 2011

Bloc note

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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 01:15

La rubrique Cogitation en intro

J'ouvre ici la case des idées qui gravitent autour de Pianotrip, du voyage, de ce que je vois. Bribes de réflexions personnelles, tentative de défintion, cet espace est réservé pour s'épancher. Dédié à ceux qui veulent creuser derrière l'image, en savoir plus, même si, dans le cas de Pianotrip, il n'y a pas trop de questions existencielles à se poser. L´essentiel est de triper, de jouer autour d´un piano qui pose son regard sur le monde, en musique et en image, dans l' instant présent. La sève de ce qui se vit se passe donc de cet endroit, et les tripeurs purs et durs auront bien raison de préférer aller se promener dans le galerie photo.   

C´est une action qui se passe volontiers de mots. Faire place nette à la puissance d'une note, à l'evanescence d'une attitude, au lâchage. Surplace, tenter de garder ses distances avec la Raison-mère. Se remplir d'un acte. S'y atteler tout entier. Alors je ne suis pas sûr qu'ils sachent cerner ces "riens" indicibles, mes mots. Mais nous sommes ancrés dans un monde où la raison gouverne, alors, loin de vouloir m'en émarger, je me plante dans le décors, bien volontiers. Pourquoi pas?


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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 00:59

Degrés

Fleurette passe et l'âge dépasse

La jeunesse: il est ainsi des fleurs

à chaque pas dans la vie, de la sagesse, de la vertu;

chacune a sa saison, nullel'éternité.

Coeur, quand la vie t'appelle,

Sois paré à partir et à recommencer,

Cours, vaillant, sans regret,

Te plier à des jougs nouveaux et différents,

En tout commencement un charme a sa demeure,

C'est lui qui nous protège et qui nous aide à vivre.

 

Franchissons donc, sereins, espace après espace ;

N'acceptons en aucun les liens d'une patrie.

Pour nous l'esprit du monde n"a ni chaînes, ni murs ;

Par degrés il veut nous hausser, nous grandir.

A oeine acclimatés en un cercle de vie,

Intimes en son logis, la torpeur nous menace.

Seul, prêt à lever l'ancre et à gagner le large,

Tu pourras t'arracher aux glus des habitudes.

 

Peut-être aussi l'heure de la mort nous lancera-t-elle,

Jeunes, vers de nouveaux espaces.

L'appel de la vie jamais ne prendra fin...

Allons, mon Coeur, dis adieu et guéris.

 

Degré. Le Jeu des Perles de Verre.Hermann Hesse

 

 

 

 


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Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 17:14

 

 

"A l'époque de Bruegel, les enfants dansaient autour du vagabond; il portait d'énormes haillons et il regardait toujours droit devant lui; et les familles laissaient les petits jouer avec le chemineau, c'était tout naturel. Mais aujourd'hui les mères serrent leurs enfants contre elles quand le vagabond traverse la ville à cause de ce que les journaux ont dit du vagabond: il viole, il étrangle, il mange les enfants.

"-Ecartez-vous des inconnus, ils vous donneraient des bonbons empoisonnés! [...]"

Mais aujourd'hui, notre monde est un monde d'adultes, ce n'est plus un monde d'enfants. On oblige le vagabond à s'esquiver. Tout le monde admire les prouesses des policiers héroïques à la télévision."

"Ecoutez! Ecoutez! Les chiens aboient
Les mendiants arrivent à la ville;
Certains sont en haillons, et d'autres en guenilles
Et d'autres encore en robe de velours! "
                                     

                                     J. Kerouac, Le vagabond américain en voie de disparition/ Grand Voyage en Europe (1960), Gallimard Folio, 1980


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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 16:00

Cogitation N°6: La Peur

 

" Des armes, qui vous lèchent, qui vous perçent, des armes...Pour inquiéter l'inquiétude. Et puis, le code le la peur, à distribuer à tous ceux qui habitent avec la peur ou que la peur habite: Article 1 : j'ai peur, article 2: j'ai peur, article 3: j'ai peur, article 4: Où sont les toilettes?"            

Léo Ferré, La violence et l'Ennui

  La peur, pour moi, elle existe basiquement de deux manières: la première, c’est un arrêt forcé, un gel, une paralysie générale de tes fonctions, qui si tu passes d’état d’alerte à l’état de réaction, peut te rendre des plus irresponsables, des plus dégénérés. Un trou noir, passablement aveugle.  La deuxième, c’est une impulsion chimique, un courant électrique, une verve qui te cours sur l’échine, un gargouillement qui hérisse tous tes sens en éveil, et te permets de passer la barrière. La dépasser si tu le convertis en élan. Cette peur, c'est celle qui te répète que tu es en vie. Elle est là pour qu'on la saisisse à bras le corps, qu'on se laisse secouer tout autant qu'on la secoue, pour se lancer, enfin. 

Dans l'Europe moderne du maintenant, la peur est de mise. On en est bien conscients, de cette peur ambiante. Le problème, c'est que c'est pas vraiment une surprise. Méfiance et paralysie de mise, dehors. Raisonnements vite convertis sous l'égide du bon-sens (Souverain ces dernière années, le Bon-Sens). Le regard fuit. Aujourd’hui, j’ai le sentiment un peu partout que la peur domine. Mais de quelle peur est-on entrain de parler?

Pour certains un piano dehors ça peut faire peur..Waou! Le paradoxe c'est qu 'il semble plus normal de s'inquiéter soigneusement au jour le jour,  plutôt quefaire. C'est à dire tenter. Que sourire. Que Tripper. Ca craint. Je ne sais pas moi, mais n’est-on pas en train d’oublier que la peur c'est un état émotif à un moment T,  et que non suivie d' une décision,  elle peut s’installer? 

Si je regarde de mon côté: un casque de peur bien boulonné, avant le départ. Une pression cocotte-minute qui n'avait rien d'un rêve de ouate dans lequel on s'engouffrerait comme dans une pantoufle. Une encyclopédie dégueulante, en fait : 

Peur de pédaler sur une bicyclette pendant plus de 2 heures d'affilées, peur d' appréhender la rue -la fameuse usine à dangers- et ses milles quotidiens, peur que le projet capote, que le poids du vélo-piano m'écrase...Du ridicule et du moins ridicule. Peur des pentes, des fausses notes, peur de jouer, peur de vouloir autre chose que de la peur ambiante, peur de l'acte, peur de rester bloquée dans la peur. Peur de la précarité. Peur de l'image de la précarité. Peur du sarcasme. Peur qu'on me claque le clavier sur les doigts. Peur de l'épuisement. Du concept, du regard, du fracas.

Aujourd’hui, la peur domine. Mais de quelle peur est-on entrain de parler?


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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 15:16

Vie à Bord -  Mai 2011 Algarve, col de Monte Ruivo (entre Aljezur et Lagos)

 

Algarve, pleine montée de col sous soleil tapant, les jambes qui font des allers-retours pénibles, dans tous leurs états, en danseuses. Une camionnette passe, avec un  gars qui tend la caméra de son téléphone portable à bout portant, hurlant:

" - Hey! You know were you are exactly and right now?

- [uff-uff] Portugal [uff-uff]  Monte Ruivo..

- No : right now, you're on my facebook !"

...

                              


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